Mauvais Oeil de Lunatic raconté par ceux qui l’ont fait et ceux qui l’ont aimé

Le 28 septembre 2000, le rap français bascule. L’esthétique est froide, les propos sont bruts, crus, rongés par le bitume. D’un côté, il y a ceux d’Ali, spirituels et introspectifs. De l’autre, ceux de Booba, plus nihilistes et peu optimistes : « La vie c’est dur, ça fait mal dès qu’ça commence, pour ça qu’on pleure tous à la naissance ». Aussi opposés soient-ils dans leur style, les deux rappeurs parviennent sur Mauvais œil à trouver l’équilibre parfait, bien aidés par des productions à même de circonscrire leur propos dans des ambiances glaciales, qui ont encore tout leur charme en 2020. Ce qui explique en grande partie pourquoi l’unique album de Lunatic jouit aujourd’hui d’un culte amplement mérité, sur lequel Brain a décidé de se pencher. Auprès de ceux qui y ont participé, mais aussi de ceux pour qui ce disque a tout changé.